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Quel sera l'impact du changement climatique sur le Canada ?
Région du Pacifique
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Photo : © Steve Hillebrand, USFWS | Le changement climatique pourrait avoir un impact considérable sur les écosystèmes de la Colombie-Britannique et du Yukon :
- Le réchauffement de l'air pourrait entraîner des sécheresses dans les zones méridionales côtières et intérieures, causer des glissements de terrain résultant du recul des glaciers et de la dégradation du pergélisol dans les régions septentrionales et montagneuses, réduire le débit des rivières et des ruisseaux, rendre les forêts plus sèches et plus vulnérables aux insectes ravageurs, aux maladies et aux incendies, en plus de menacer les espèces sauvages terrestres et marines.
- Le réchauffement de l'océan pourrait entraîner des déplacements des aires de dispersion, modifier les frayères et les sources d'alimentation d'espèces marines comme le saumon du Pacifique, privant alors de nourriture des espèces terrestres comme les ours et les pygargues à tête blanche.
- L'élévation du niveau de la mer pourrait menacer les basses terres côtières comme le delta du Fraser et provoquer des inondations et l'érosion des sols.
- Des précipitations plus abondantes pourraient causer des inondations dans tout l'intérieur de cette région.
Régions montagneuses de l'Ouest
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Photo : © Jacques Descloitres, MODIS | Les conditions extrêmes du climat et l'altitude rendent les Rocheuses particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique :
- À mesure que les températures se réchauffent, les glaciers de basse altitude fondent rapidement et pourraient disparaître ou causer des glissements de terrain qui mettent en péril les habitats fauniques. Les espèces végétales et animales se déplacent en hauteur, par exemple, les taillis de sauge remplacent les prés glaciaires, et les formes de vie qui habitent dans les plus hauts sommets doivent céder la place aux autres espèces qui se déplacent des régions moins élevées.
- La neige est plus profonde à cause de l'augmentation des précipitations, rendant plus difficile la recherche de nourriture pour certaines bêtes comme le cerf et le wapiti ce qui les oblige à descendre dans les vallées où ils sont victimes de collisions avec des voitures ou des trains, ainsi que des attaques des prédateurs.
Région des Prairies
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Photo : © Erwin and Peggy Bauer, USFWS | Les conséquences du changement climatique dans les Prairies canadiennes pourraient être graves :
- La hausse des températures, la diminution des précipitations, l'intensification de l'évaporation et la diminution de l'humidité des sols pourraient causer des pertes d'habitats terrestres et aquatiques.
- Le réchauffement risquerait de prolonger la saison de croissance et d'étendre les terres agricoles vers le nord. Il pourrait aussi causer des sécheresses plus longues et plus fréquentes, réduire la production agricole et provoquer des conditions désertiques dans certaines parties du sud des Prairies.
- La fréquence accrue des incendies dans la région de la forêt boréale pourrait repousser vers le nord les zones herbagères et réduire l'habitat du caribou des forêts et de nombreuses autres espèces.
- Plus de la moitié des étangs éphémères des Prairies pourraient disparaître. Ces milieux humides éphémères sont des haltes migratoires et des habitats de nidification indispensables aux canards du Canada, dont le canard colvert, le canard d'Amérique et le canard pilet. Leur disparition pourrait être catastrophique non seulement pour la sauvagine, mais aussi pour les reptiles, les amphibiens et les mammifères.
Région de la forêt boréale
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Photo : © Erwin and Peggy Bauer, USFWS | Les scientifiques estiment que cette région septentrionale — constituant le tiers des forêts de la planète — sera une des régions les plus durement touchées par le changement climatique :
- Un temps plus chaud et plus sec pourrait modifier l'écosystème, prolongeant de plusieurs semaines la saison des feux de forêt, déclenchant des « incendies monstres » fréquents et graves, et doublant la superficie détruite chaque année. La hausse des températures pourrait donner lieu à des attaques plus fréquentes et mortelles d'insectes ravageurs comme la tordeuse des bourgeons de l'épinette et le scolyte du pin.
- La composition des espèces de la forêt pourrait changer à mesure que les conditions propices à la croissance et à la régénération du pin, de l'épinette, du sapin et d'autres arbres sensibles à la température continuent de changer.
- La limite latitudinale de la forêt pourrait se déplacer vers le nord sur des centaines de kilomètres, repoussant la limite de la toundra vers l'archipel arctique et réduisant la toundra d'un à deux tiers de sa superficie actuelle.
- À mesure que les conifères céderont la place aux arbres feuillus dans le sud de la région, les pertes de la limite sud de la forêt seront probablement supérieures aux gains dans le Nord.
- Plus de la moitié de la forêt boréale pourrait disparaître au cours des cent prochaines années à cause du changement climatique, mettant en péril les mésanges à tête brune, les martres des pins, les tétras du Canada et d'innombrables autres espèces dont la survie dépend de ce vaste écosystème.
Région des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent
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Photo : © iStockphoto.com/Stephen Strathdee | Les modèles du changement climatique laissent prévoir des impacts importants sur les terres et les eaux de cette région :
- Les températures moyennes pourraient connaître une hausse de 2 à 5 °C, tandis que les précipitations pourraient augmenter de 25 % d'ici la fin du siècle.
- Répercussions possibles sur les terres : effets nocifs, sur la santé humaine et faunique, de l'accroissement des périodes de stress dû à la chaleur et de pollution atmosphérique, déplacement des zones de végétation causant un déséquilibre des forêts, augmentation de la fréquence et de la gravité des feux de forêts, prolongement de la saison de croissance et expansion de l'agriculture vers le nord. On pourrait aussi observer une diminution considérable des populations d'oiseaux migrateurs néotropicaux, y compris bon nombre d'espèces de parulines.
- Les températures des lacs, des ruisseaux et des rivières augmenteront, entraînant une évaporation beaucoup plus considérable de l'eau. Les niveaux d'eau des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent pourraient baisser d'un mètre d'ici 30 ans, réduisant le volume d'eau qui coule dans ce réseau et qui approvisionne en oxygène les zones biologiquement productrices.
- Ces changements seront avantageux pour certaines espèces aquatiques, mais désastreuses pour d'autres. Les poissons d'eau froide, comme le saumon et la truite, pourraient éprouver des pertes considérables d'habitats et de populations. Les habitats de certaines espèces en péril comme la tortue ponctuée et la ketmie des marais pourraient se dessécher, tandis que les sites de nidification de la sauvagine deviendraient plus accessibles aux prédateurs dans les marais des Grands Lacs.
Région de l'Atlantique
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Photo : © Jacques Descloitres, MODIS Rapid Response Team, NASA/GSFC | Cette région est particulièrement vulnérable aux élévations du niveau de la mer et à la fréquence accrue des tempêtes :
- Un accroissement de l'érosion des côtes, de la sédimentation et de l'inondation des terres basses du littoral, une superficie réduite des plages de nidification et des bas fonds intertidaux essentiels aux oiseaux de rivage, ainsi que la submersion des cordons d'îles indispensables aux rapaces et aux oiseaux coloniaux nicheurs sont tous des effets de l'élévation du niveau de la mer.
- Les marais salés sont particulièrement menacés. Ces terres humides côtières se sont adaptées à un mélange unique d'eau douce et d'eau salée. Une salinité trop élevée pourrait causer un déséquilibre de ce mélange, endommageant les habitats d'une grande variété d'espèces, en particulier des poissons et de la sauvagine.
- Des pluies plus fortes augmenteraient la quantité d'eau de ruissellement qui pollue les baies et les estuaires, qui sont des haltes indispensables aux oiseaux migrateurs et nourrissent d'innombrables espèces de mollusques, de crustacés et de poissons.
- Les changements de la température de la mer pourraient influer sur les aires de dispersion et de distribution, ainsi que sur les sources de nourriture des populations d'oiseaux de mer et de mammifères marins.
- L'intensité accrue des tempêtes, la fréquence des feux et d'autres tensions écologiques pourraient contribuer au dépérissement des conifères et favoriser le remplacement des forêts boréales par des forêts mixtes et tempérées.
Région de l'océan Arctique
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Photo : © Susanne Miller | Les effets lourds de conséquences du changement climatique seront les plus désastreux dans l'Arctique canadien, une des régions de la Terre où le réchauffement est le plus rapide :
- À mesure que les températures augmenteront, les climatologistes prévoient non seulement le rétrécissement de la toundra arctique, mais aussi le rétrécissement de la glace marine de l'Arctique. Cette plate-forme gelée fait partie intégrante de la vie d'une grande diversité d'espèces comme le morse, le phoque et l'ours blanc qui se nourrissent, voyagent et se reproduisent sur cette vaste étendue. Les algues qui vivent sous la glace marine constituent la base du réseau trophique marin polaire qui nourrit le plancton, les copépodes, les poissons, les oiseaux de mer et les mammifères. L'épaisseur moyenne de la glace marine a diminué de 40 % au cours des trois dernières décennies, mettant en danger l'avenir de ce réseau de vie.
- Parmi les espèces les plus touchées, mentionnons le guillemot à miroir, un oiseau de mer dont les populations ont chuté depuis 1990, tandis que la fonte de la glace a accru les distances de vol qu'il doit parcourir pour s'alimenter.
- D'autre part, l'ours blanc risque de perdre l'habitat gelé dont il a besoin pour chasser le phoque annelé, sa proie principale. À mesure que le climat se réchauffe, la glace de mer pourrait se détacher plusieurs semaines plus tôt au printemps, réduisant la durée de la période d'alimentation avant la venue de l'été, lorsque ce mammifère jeûne. Des périodes plus chaudes durant les saisons froides pourraient aussi causer la destruction des abris de neige des phoques annelés, réduisant les chances de survie des petits et privant les ours blancs de nourriture. La masse corporelle des femelles sera réduite, ce qui rendra plus difficile l'allaitement des oursons. Les biologistes ont déjà noté un déclin marqué des taux de naissances de certaines populations et craignent que l'état physique des animaux ne s'aggrave.
Parcs nationaux et réserves fauniques
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Photo : © USFWS | Les études des scientifiques révèlent que le changement climatique menace la santé de nos parcs nationaux et de nos réserves fauniques dans six régions géographiques. Ils estiment que les conditions seront difficiles pour les espèces qui survivent dans les « îlots » restants de ces écosystèmes déjà menacés par l'empiétement des exploitations humaines, la pollution et la fragmentation de l'habitat.
- Atlantique : L'élévation du niveau de la mer, provoquant une réduction des bas fonds sablonneux et des vasières, l'érosion des côtes et l'intrusion des eaux salées, menace les parcs nationaux de Kouchibouguac et des hautes-terres du cap Breton et pourrait endommager les habitats de nidification et d'alimentation des oiseaux de rivage migrateurs. Le refroidissement du courant du Labrador, résultant de la fonte du glacier continental groenlandais, pourrait réduire les sources d'alimentation des oiseaux de mer et des baleines le long des côtes de Forillon et de Terra-Nova.
- Grands Lacs et fleuve Saint-Laurent : La baisse des niveaux de l'eau de plus d'un mètre au cours des 50 prochaines années pourrait causer l'assèchement des terrains marécageux des parcs nationaux de la Pointe Pelée, de la Péninsule-Bruce et d'autres parcs, et compromettre la biodiversité. La hausse des températures et la fréquence accrue des sécheresses pourraient mettre en danger de nombreuses espèces de poissons et de plantes dans la Mauricie.
- Prairies : Les parcs de cette région verront les hausses de température les plus marquées au Canada. Des taux plus élevés d'évaporation et de sécheresse pourraient avoir des répercussions non seulement sur les poissons et la sauvagine, mais aussi sur des espèces en péril comme la chevêche des terriers et le chien de prairie, dans le parc national des Prairies. L'altération des niveaux d'eau des terres humides du parc national Wood Buffalo pourrait causer des torts énormes aux habitats de nidification de la grue blanche, une espèce menacée.
- Cordillères pacifiques : Des températures plus chaudes au printemps et à l'automne dans le sud des Rocheuses pourraient prolonger d'un mois la saison de fonte des glaciers. La neige serait plus profonde à cause de l'augmentation des précipitations hivernales dans les parcs nationaux de Jasper, Yoko et Glaciers, ce qui rendrait plus difficile les déplacements et la survie des wapitis, des mouflons et d'autres animaux.
- Pacifique : Une augmentation possible de 3,5 °C de la température de la surface de la mer pourrait avoir de graves impacts sur les eaux côtières, marines et riveraines de certains parcs comme Gwaii Haanas et Kluane. Les eaux plus chaudes ont déjà modifié les frayères et les voies migratoires du saumon du Pacifique. Des couches de neige et de glace plus profondes pourraient réduire les sources d'alimentation du mouflon de Dall et des chèvres de montagne.
- Arctique : La région la plus menacée par le changement climatique comprend les parcs nationaux Aulavik et Wapusk, où les températures hivernales pourraient s'élever de 10 °C d'ici le milieu du siècle. Les espèces de l'Arctique comme l'ours blanc, le caribou et le bœuf musqué, font déjà face à la réduction de la glace de mer, à l'érosion des rivages et au déplacement des communautés végétales.
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