L’eau
L’eau est l’une des plus importantes ressources naturelles du Canada – à l’échelle nationale et mondiale. Indispensable à la vie des écosystèmes marins ou d’eau douce, utilisée en agriculture, dans nos loisirs et dans les activités industrielles, l’eau est même nécessaire tout simplement à la vie humaine. Comme le Canada possède un cinquième des réserves mondiales d’eau douce, nous voyons facilement, en tant que Canadiens, notre eau comme une ressource illimitée. Cependant, l’eau de notre pays n’échappe pas à des questions préoccupantes tant du point de vue de la qualité que de la quantité. Au Canada, non seulement la demande d’eau au niveau municipal est l’une des plus élevées qui soient, la consommation quotidienne moyenne par personne étant de 622 litres, mais la pollution, sous des formes très variées, menace également nos réserves d’eau. Mentionnons :
- les effluents d’eaux usées urbaines auxquels donnent lieu des systèmes d’épuration lacunaires;
- les agents pathogènes à propagation hydrique provenant des eaux-vannes et des déchets d’élevage;
- les toxines algaires et la surabondance de nutriments provenant du ruissellement urbain et agricole;
- l’acidification hydrique;
- l’exportation d’eau en grandes quantités;
- les répercussions des changements que les barrages et les dérivations de cours d’eau entraînent sur les plans de la composition chimique, de la température et des sédiments;
- les perturbateurs endocriniens, qui peuvent avoir des effets multigénérationnels sur le développement et la reproduction;
- les déversements des sources industrielles ponctuelles, comme les déchets des mines et de l’industrie pétrochimique;
- les espèces envahissantes, qui modifient la dynamique des écosystèmes.
Pour cette raison, les questions ayant trait à l’eau dans le contexte de la conservation des milieux marins ou d’eau douce se sont dégagées de l’évaluation des problèmes de 2009 comme l’un des principaux champs appelant nos efforts.
Loi sur la protection des eaux navigables (LPEN)
Les modifications à la Loi sur la protection des eaux navigables prévues dans le projet de loi C-10, Loi d’exécution du budget de 2009, pourraient réduire considérablement le nombre de voies navigables protégées au Canada. La FCF a exhorté les Canadiens à exprimer leurs préoccupations à cet égard en signant une pétition qui a ensuite été envoyée au ministre des Transports, de l’Infrastructure et des Collectivités, l’honorable John Baird. Une présentation a également été faite devant le Comité sénatorial permanent de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles par un membre de l’équipe de la conservation de la FCF pour faire connaître les conséquences que nous redoutons que ces modifications puissent avoir pour la faune et la flore. Bien que les dispositions législatives aient été adoptées par le gouvernement, la FCF était heureuse de constater la teneur de plusieurs recommandations du comité sénatorial.
Les modifications ont donné lieu à un ordre ministériel provisoire qui a été remplacé à l’automne 2009 par des règlements proposés à cet effet. Lorsque la tenue de consultations publiques a été annoncée, la FCF a contribué à modeler les politiques en soumettant des observations quant aux risques environnementaux associés aux modifications.
La Cour suprême de la Colombie-Britannique a statué en faveur d’une réglementation des piscicultures
La FCF a salué la décision de la Cour suprême de la Colombie-Britannique de considérer les piscicultures comme des sociétés de pêche et non comme des établissements agricoles. En vertu de cette décision, la réglementation des salmonicultures relèvera du ministère des Pêches et des Océans.
Il reviendra notamment au Ministère de décider des emplacements permis pour les salmonicultures. Dans la situation actuelle, elles se trouvent souvent dans les routes migratoires des saumons sauvages ou à proximité de celles-ci, ce qui peut soumettre les populations sauvages au risque d’attraper des maladies et des parasites dont sont porteurs les poissons d’élevage. Le profil d’interaction entre les poissons d’élevage qui s’échappent et les populations sauvages n’a pas encore été établi, et l’on ne dispose pas de connaissances suffisantes en ce qui a trait aux effets à long terme de ces établissements sur les populations indigènes et leur habitat.
La FCF a exhorté le MPO à entreprendre des recherches qui détermineront les effets de substances nocives sur les populations sauvages de poissons et leur habitat, et qui assureront la protection de ces populations et de leur habitat, conformément à la Loi sur les pêches. Nous continuerons à encourager l’examen de la possibilité de recourir à des technologies d’élevage de saumon en parc clos.



