shadow

Le forum sur les enjeux - automne 2008


Chaque assemblée générale annuelle de la Fédération canadienne de la faune comprend un forum sur les enjeux.  Il permet aux experts invités de renseigner les employés et le conseil d’administration de la FCF sur des sujets associés à des enjeux cruciaux au Canada.

La qualité de l’eau des Grands Lacs

Monsieur Jim Sherry, chef du projet Évaluation de la santé des écosystèmes à Environnement Canada, a fait une présentation remarquable sur la qualité de l’eau des Grands Lacs et les problèmes qui affectent les espèces sauvages de ce système.

Les Grands Lacs sont un système de plans d’eau partagé entre le Canada et les États-Unis qui revêt une grande importance et que nous devons respecter. Il s’agit du plus vaste ensemble de lacs d’eau douce au monde. Il renferme environ 22 % des eaux douces du monde. Les Grands Lacs offrent un habitat à environ 350 espèces de poissons, et représentent la source d’eau potable de 40 millions de personnes. Ils constituent également une voie de transport très importante.

Avant l’arrivée des Occidentaux, les Grands Lacs présentaient une flore et une faune saines et diversifiées, avec des populations de poissons fécondes et équilibrées.

L’arrivée des Occidentaux, cependant, a également signifié le commencement des perturbations dans les Grands Lacs. Des perturbations telles que la pêche non réglementée d’espèces de poissons, la commercialisation des voies d’eau, ainsi que l’assaut écologique que représentent des activités comme la déforestation, l’urbanisation, l’agriculture intensive et les rejets de déchets.

Certaines de ces activités ont entraîné l’accélération d’un processus naturel appelé eutrophisation, par lequel des apports accrus de nutriments mènent à un appauvrissement en oxygène à son tour responsable de la mort d’organismes ou de la modification des peuplements.

On dit que la Voie maritime du Saint-Laurent et le réseau des diverses voies navigables artificielles, tel le canal Érié, ont causé à l’écosystème des Grands Lacs plus de dommages que l’ensemble des autres facteurs d’agression. Le trafic maritime a notamment entraîné l’introduction de nombreuses espèces non indigènes, dont beaucoup sont devenues envahissantes. Il suffit de regarder les dommages que la lamproie a fait subir au touladi.

Les contaminants hérités continuent d’avoir une incidence sur les Grands Lacs et les espèces sauvages qui s’y trouvent, bien que leurs effets diminuent avec le temps. Parmi les contaminants hérités, mentionnons les dioxines, les BPC et le DDT. Les effets de ces contaminants sur la faune et la flore sont nombreux, mais mentionnons l’infécondité chez les poissons, ainsi que les malformations, l’amincissement de la coquille et l’infécondité chez les oiseaux.

Les recherches de monsieur Sherry examinent la présence d’une protéine du vitellus qui cause la féminisation chez les poissons. Ses résultats indiquent un accroissement important de la concentration de cette protéine du vitellus chez les poissons de certains secteurs des Grands Lacs.
 
Parmi les autres substances qu’on trouve dans les Grands Lacs, il y a :

  • l’estrogène synthétique des pilules anticonceptionnelles, qui y est rejeté en quantités suffisantes pour être cause d’infécondité;
  • la carbamazépine, un antiépileptique;
  • le sel de voirie, qui peut constituer une menace au rétablissement des moules en voie de disparition;
  • les produits ignifuges, dont on a trouvé des concentrations élevées dans les Grands Lacs;
  • le triclosan, un produit chimique qui se retrouve dans le shampoing, et qui est responsable de malformations chez des grenouilles.

Les résultats de cette présentation sont assez alarmants et montrent que nous devons tous travailler ensemble pour réduire notre impact sur l’environnement. La diminution de l’utilisation d’engrais, le traitement des eaux usées et l’élimination des phosphates dans les détergents, notamment dans les détergents à lessive, voilà quelques mesures que nous pouvons prendre pour commencer à réduire notre impact sur les Grands Lacs et d’autres étendues d'eau. Les espèces sauvages s’en trouveront mieux, et nous aussi!

Les effets de l’appâtage des cervidés

Ken Rebizant, gestionnaire du gros gibier à Conservation Manitoba, a été invité à faire une présentation sur les effets de l’appâtage des cervidés.

L’appâtage consiste à disposer de la nourriture pour attirer des animaux. Pour cette présentation, M. Rebizant s’en est tenu aux répercussions caractérisant le cas des chevreuils et des wapitis.

Les conséquences de l’appâtage sont :

  • la concentration des animaux;
  • l’augmentation des interactions entre animaux;
  • une possibilité que les animaux soient portés à se nourrir des cultures agricoles;
  • une possibilité de propagation accrue des maladies.

Le nombre d’animaux attirés par un point d’appât peut aller de seulement quelques individus à plusieurs centaines, selon le contexte. Les animaux contaminent souvent les appâts et la nourriture par leur salive, leur urine et leurs excréments qui tombent au sol aux points d’appât. Cela crée un environnement favorable à la propagation de maladies. En outre, les animaux malades ont tendance à passer plus de temps aux sites d’appât que les animaux sains.

Dans le contexte de l’appâtage, les maladies dont se préoccupe Conservation Manitoba sont la maladie débilitante chronique et la tuberculose bovine.

La maladie débilitante chronique se transmet par la salive comme par le sang; on soupçonne qu’elle se transmet également par les excréments et l’urine. Dans le cas de la tuberculose bovine, la transmission se fait par la salive et le mucus des voies respiratoires. Les voies de transmission de ces deux maladies se retrouvent couramment aux points d’appât.

Ce sont des préoccupations relatives, notamment, à la propagation des maladies qui ont amené le Manitoba à interdire l’appâtage des chevreuils et des wapitis depuis 1992. Dans certaines parties de la province, l’interdiction touche également le nourrissage, activité déconseillée dans le reste de la province.

Au Canada, l’appâtage est vu différemment d’une province à l’autre. Alors que la Colombie-Britannique envisage une interdiction, la Saskatchewan permet la pratique de l’appâtage et du nourrissage.

shadow
shadow shadow