Le forum sur les enjeux - printemps 2008
Chaque assemblée générale annuelle de la Fédération canadienne de la faune comprend un forum sur les enjeux. Il permet aux experts invités de renseigner les employés et le conseil d’administration de la FCF sur des sujets associés à des enjeux cruciaux au Canada.
Cette année encore, les conférenciers invités ont parlé des ours blancs, des sables bitumineux de l’Alberta et de diverses stratégies de lutte contre l’encéphalopathie des cervidés. Nous aimerions vous faire part de tous ces renseignements.
Les ours blancs
L’un de ces conférenciers était M. Nick Lunn, un chercheur à Environnement Canada, qui s’intéresse aux ours blancs vivant dans la partie occidentale de la Baie d’Hudson.
Les travaux de M. Lunn et de ses collègues ont été déterminants dans la recherche sur les ours blancs. Ceux-ci ont, en effet, révélé que la glace marine du côté ouest de la baie d’Hudson se brise trois semaines plus tôt qu’en 1975. Cette situation se répercute sur les ours blancs de cette région.
La hausse des températures diminue la superficie de la glace dont dépend l’ours blanc pour se déplacer, chasser, se reproduire et mettre bas.
Lorsque la glace marine se fracture prématurément, les ours ne disposent plus que d’une période de chasse écourtée. Ne bénéficiant pas de la réserve de gras suffisante que leur procurent les phoques, ils rejoignent la rive en piètre état. Ils migrent donc vers l’intérieur des terres à la recherche de nourriture et deviennent alors un problème potentiel.
Le mauvais état des femelles pourrait nuire à la reproduction. Elles continuent de mettre bas des triplets au printemps, mais ceux-ci ne survivent pas. M. Lunn n’a pas vu de triplets depuis l’automne 1996.
Il en a conclu que la population des ours blancs a diminué de 22 % dans la région ouest de la Baie d’Hudson en raison, selon lui, des changements climatiques. Nous cherchons tous à réduire notre impact environnemental et ces travaux nous incitent à l’action.
Les sables bitumineux
M. Brad Stelfox s’est entretenu des répercussions de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. Elle occasionnerait de profondes transformations dans le nord-est de l’Alberta qui se produiront sur de nombreuses décennies.
Dans les travaux de M. Stelfox, diverses espèces fauniques jouent le rôle d’indicateurs pour mieux cerner les conséquences environnementales de cette exploitation minière. L’évaluation de l’état du caribou des bois, des poissons autochtones, des habitats du pékan, de l’ours noir et de l’orignal, des oiseaux des forêts anciennes ainsi que des forêts de peuplement mûr ont permis de déterminer leur situation actuelle et celle qui prévaudra dans un siècle.
Voici les catégories de classement :
- Rouge : Cet indicateur a glissé de plus de 20 % sous le seuil critique ou le fera d’ici 15 ans.
- Jaune : Cet indicateur a glissé de 10 à 20 % sous le seuil critique ou fléchira de plus de 10 % sous ce seuil d’ici 30 ans.
- Verte : La baisse de cet indicateur ne dépasse pas 10 % sous le seuil critique et ne franchira pas ce seuil avant au moins les 30 prochaines années.
Le caribou des bois et les poissons autochtones sont actuellement classés dans la catégorie rouge. Leur nombre continuera probablement à diminuer au cours des 100 prochaines années.
Les habitats du pékan et de l’ours noir sont actuellement classés dans la catégorie jaune. Une modélisation indique qu’une dégradation probable de ces habitats les classera dans la catégorie rouge.
L’habitat de l’orignal est actuellement classé dans la catégorie verte, mais sa détérioration la fera éventuellement basculer dans la catégorie jaune.
Enfin, l’habitat des oiseaux de forêts anciennes et les forêts de peuplement mûr sont actuellement classés dans la catégorie verte. Les prévisions pour les 100 prochaines années indiquent qu’ils y resteront.
Pour terminer, il est à prévoir que sans intervention, la situation de ces indicateurs continuera à se détériorer. Il existe toutefois des mesures visant à renverser ces tendances négatives.
Encéphalopathie des cervidés
Alberta
Spécialiste des maladies de la faune au sein de la Fish and Wildlife Division de l’Alberta, le Dr Margo Pybus a expliqué la stratégie du gouvernement pour lutter contre la propagation de l’encéphalopathie des cervidés (EC).
Cette maladie est relativement nouvelle en Alberta et n’as pas encore fait de ravages. Lors de la présentation du Dr Pybus, seuls 53 cerfs, soit 48 cerfs mulets et 5 cerfs de Virginie, en étaient atteints. L’Alberta s’emploie à réduire la population de cerfs dans les régions touchées et les zones limitrophes.
Le premier volet de la stratégie mise en vigueur par le gouvernement albertain préconise l’abattage et la surveillance. Il s’agit de procéder à un dépistage étendu et à l’abattage de cerfs à l’extrémité est de la province, de surveiller de près les cerfs traités et de clairsemer par abattage la population de cerfs dans les régions à risque de propagation de l’encéphalopathie des cervidés.
Le deuxième volet de cette stratégie comprend une surveillance accrue des zones à risque élevée et un contrôle étroit des nouveaux cas qui se déclarent pendant l’hiver.
L’objectif poursuivi consiste à confiner cette maladie dans des zones faciles à gérer. La province réduira l’importance des troupeaux de cerfs dans les zones à risque élevé pour empêcher la propagation de cette maladie, du moins jusqu’à l’élaboration d’une méthode plus efficace.
Saskatchewan
Le Dr Yeen Ten Hwang, un spécialiste des maladies de la faune à la Environment’s Fish and Wildlife Division de la Saskatchewan, a présenté la stratégie de cette province pour lutter contre l’encéphalopathie des cervidés.
Cette maladie est bien implantée dans la province et, d’après les relevés aériens, l’importance des troupeaux de cerfs reste très élevée dans certaines zones touchées par la maladie.
Le plan de lutte précédemment mis en œuvre visait à éradiquer la maladie en permettant aux chasseurs et au personnel du ministère de diminuer les populations de cerfs par une chasse plus intensive.
La province croit maintenant que la maladie continuera de sévir et a modifié sa stratégie. Elle cherche plutôt à gérer des troupeaux de cerfs en santé ayant un faible taux d’incidence de la maladie.
La stratégie actuelle consiste à maintenir de faibles populations de cervidés dans les zones touchées par la maladie et à poursuivre le dépistage et la surveillance. À ceci s’ajoute une intensification de la surveillance dans les zones non touchées et la participation des parties intéressées.
Le plan de la Saskatchewan prévoit l’abattage dans les zones touchées. La province acceptera la présentation d’échantillons provenant de zones non touchées et une surveillance continue de la prévalence de la maladie.




