Pollinisateurs
Saviez-vous que la pollinisation est un des processus écologiques les plus importants sur la planète? Ce transfert élémentaire de pollen des parties mâles (anthère) d’une plante vers les parties femelles (stigmate) est essentiel à la reproduction de 90 pour cent des espèces productrices de graines sur la planète. La pollinisation produit des graines fertiles qui recèlent la promesse d’une vie renouvelée, et ce, année après année et génération après génération. En effet, sans la pollinisation, plusieurs plantes ne pourraient se reproduire. Des réseaux alimentaires et, par conséquent, des écosystèmes entiers s’effondreraient. Nous manquerions rapidement d’aliments, de médicaments, de produits du bois – soit presque tout ce dont nous avons besoin, nous les humains, ainsi que les animaux, pour survivre sur cette planète verte. Sans elle, le monde tel que nous le connaissons, serait un endroit différent. La valeur de ces laborieux pollinisateurs est impossible à quantifier. Alors que les abeilles sont probablement les pollinisateurs les plus connus, il est important de ne pas oublier les oiseaux-mouches, papillons, les papillons nocturnes, les chauves-souris, les mouches et les coccinelles – qui sont aussi d’importants pollinisateurs.
Pour quelle raison les pollinisateurs sont-ils en danger?
1. Perte de l’habitat – Nos villes, nos demeures et nos pelouses, et même nos champs ont remplacé la diversité naturelle des plantes à fleur qui ornaient auparavant le paysage. Il peut sembler étrange que de vastes champs de la même culture florissante soient considérés comme un habitat peu intéressant pour les pollinisateurs, mais ces vastes champs sont précisément des endroits où l’on ne trouve qu’un seul type de plante qui murissent toutes en même temps et qu’on récolte ensuite d’un seul coup. Sans cet habitat où ils peuvent se nourrir, s’accoupler et construire leurs nids, plusieurs pollinisateurs verront leurs populations et leur diversité décroître.
2. Produits chimiques toxiques – Les efforts visant à lutter contre les pesticides agricoles ont eu pour effet de doubler la quantité d’insecticides et d’herbicides utilisés depuis 1960. Malgré qu’ils soient destinés aux insectes nuisibles, les insecticides peuvent également tuer des insectes bénéfiques et faire sentir longtemps leur effet dans l’environnement. Même un faible niveau de pesticides peut influencer la mémoire, ainsi que les capacités de navigation et de butinage des abeilles mellifères. Les herbicides, un autre type de poison visant à éradiquer les mauvaises herbes, peuvent détruire les aliments que requièrent les pollinisateurs avant et après la floraison des cultures.
3. Parasites et maladies importés – Les abeilles mellifères domestiques et les populations d’abeilles sauvages sont durement frappées par deux espèces apparentées à l’araignée. L’acarien de l’abeille, qui nous est récemment arrivé d’Amérique du Sud, s’attaque à la trachée de l’abeille jusqu’à ce qu’elle suffoque. L’acarien varroa, originaire d’Asie, s’installe sur l’extérieur de l’abeille et aspire les liquides corporels de son hôte pour éventuellement entraîner son décès. Ces deux parasites ont été responsables de la destruction de 30 à 50 pour cent des colonies d’abeilles dans l’Est du Canada en 2003. Les scientifiques sont présentement consternés par ce qu’ils qualifient de « problème d’effondrement des colonies », une condition qui touche les abeilles mellifères et qui est en train de se propager en Amérique du Nord. Les abeilles quittent la colonie en quête de pollen et de nectar pour ne plus jamais revenir. Des colonies entières se vident ainsi et personne n’en comprend encore la raison, même si on soupçonne un virus d’être coupable d’une telle épidémie.
4. Le changement climatique semble toucher tous les aspects de la vie sur la planète et il en est de même de la pollinisation. Parmi les conséquences, qu’on pourrait attribuer au changement climatique, mentionnons :
- Un plus grand nombre de parasites peuvent survivre et s’attaquer aux pollinisateurs bénéfiques.
- Certains insectes pollinisateurs voient leur portée réduite, ce qui a pour effet d’en réduire la diversité et ce qui pourrait éventuellement entraîner une baisse de la diversité végétale.
- Les périodes de floraison des plantes et d’activités des insectes pourraient s’en trouver modifiées, de sorte que la production de pollen de la plante pourrait ne pas correspondre à la saison d’activités du pollinisateur.
Que fait la FCF?
Grâce à la Trousse pour la Semaine nationale de la faune de 2008 intitulée Pollinisateurs – de fleur en fleur, pour nourrir l'avenir, le rôle de la FCF consiste à éduquer les Canadiens sur l’importance des pollinisateurs et sur les problèmes auxquels ils sont confrontés.
Nous possédons également une quantité considérable d’information sur le site Web Wild about Gardening, dans lequel on enseigne la façon de cultiver des plantes indigènes et d’attirer les pollinisateurs sur la propriété.




